Victor Churay, l’artiste

Victor Churay est né à Pucaurquillo dans le Loreto en 1972 et décédé à Lima en 2002.

Victor Churay est un peintre autodidacte péruvien issu de l’ethnie bora qui s’est consacré à représenter l’histoire et la cosmovision de sa culture. Venu à Lima, il intègre l’Universidad Nacional Mayor de San Marcos afin de se perfectionner et d’approfondir ses connaissances. C’est dans la capitale qu’il pourra faire valoir son véritable talent et, par le biais de son art, faire découvrir la culture bora, un univers que beaucoup ne connaissait pas.

Tout au long de son œuvre, il a voulu mettre en valeur cette culture de la meilleure façon possible, tant au niveau technique que symbolique. Il s’est ainsi lancé dans ce que lui-même a appellé « la Quête du Bleu », la recherche de la couleur bleue idéale. Victor Churay a, en effet, souvent utilisé des pigments naturels, extraits de la forêt. Mais, cette recherche évoque également pour lui des notions humanistes telles que celle de la liberté ou de la justice. Sa quête est noble, mais elle a un prix.

Parmi les principales expositions auxquelles il a participé, on peut compter :

« Le milieu écologique du bassin de l’Ampiyacu » (El medio ecológico de la cuenca del Ampiyacu). Galerie Formas à Lima.

« L’enchantement de la forêt et les mythes amazoniens » (El encanto de la selva y los mitos amazónicos). Galerie Formas à Lima.

« Peintures sur écorce Bora, Victor Churay Roque »

(Llanchamas Bora, Víctor Churay Roque) au Musée de la Banque Centrale de Réserve de Lima.

« Mythes, coutumes et visions» (Mitos, costumbres y visiones) au Musée des Beaux-Arts de l’Université Nacional Mayor de San Marcos, Lima.

« Víctor Churay Roque, peintre Bora » (Víctor Churay Roque, pintor Bora) à la Galerie des Arts visuels, URP à Lima.

En 1994, lauréat du IX Concours National de dessin et de peinture rurale (Ganador del IX Concurso Nacional de Dibujo y Pintura Campesina ILLA, SER) et du I concours d’Arts indigènes sur écorce (llanchama) (I Concurso de Arte Nativo sobre corteza de llanchama PROARTE).

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Santiago Yahuarcani, l’artiste

Santiago YAHUARCANI, né à Pucaurquillo en 1961, réside à Pevas, au bord de l’Ampiyacu. Artiste autodidacte, il commence à peindre sur des llanchamas avec des pigments naturels et s’intéresse très tôt à la cosmologie de sa culture, notamment aux êtres puissants d’un univers parallèle, tout en étant corrélation avec les humains.  Santiago est devenu l’un des représentants les plus importants de l’art identitaire de la région nord de l’Amazonie péruvienne.

Brus Rubio, l’artiste

L'artiste
L’artiste

Brus Rubio Churay, artiste huitoto est né et réside dans la communauté de Pucaurquillo (dpt. Loreto, Pérou), sur la rive droite du fleuve Ampiyacu, un des affluents de l’Amazone. Il est né le 8 août 1983, de père huitoto et de mère bora, et a terminé ses études secondaires en 2002 dans sa communauté.

Brus  est l’un des exposants parmi les plus populaires du nouveau courant amazonien et commence à devenir célèbre à Lima comme à l’étranger. Il travaille à partir de pigments naturels sur des écorces d’arbre appeléesllanchama, matériaux qu’il confectionne et prépare lui-même. Son œuvre consiste en une réflexion sur ses origines et une mise en valeur des rites traditionnels de son ethnie.

A partir de 2004, année où il a commencé sa carrière, ses recherches l’ont poussé à s’intéresser aux connaissances traditionnelles de son peuple et à trouver sa forme d’expression artistique, la peinture. C’est ainsi qu’en 2005, il a participé à une exposition collective intitulée Nacimiento de un arte huitoto et bora  [Naissance d’un art huitoto et bora], à la Galerie du Banco Continental, à Iquitos. A partir de cette date, il a été invité à plusieurs expositions importantes, telles que La soga de los muertos [La corde des morts], au Museo de Arte (Univ. San Marcos) à Lima en 2005, Poder Verde I [Le Pouvoir vert I] en 2009 el Poder Verde II en 2011, au Centre culturel d’Espagne, à Lima et à Buenos Aires. En outre, en 2010, il organise sa propre exposition, La Selva invisible [La forêt invisible], au Centre culturel Irapay à Iquitos et ensuite à Lima, à la galerie des arts visuels du Centre culturel Coriwasi (Univ. Ricardo Palma).

En 2011 Brus Rubio est le vainqueur du second prix du XIVème Concours National d’Arts Visuels – Passeport pour un Artiste 2011, organisé conjointement par l’Ambassade de France au Pérou et l’Alliance Française de Lima. Grâce à la récompense obtenue, Brus bénéficiera d’un voyage en France durant les mois d’octobre et de novembre 2012.

En juin-juillet 2012, la galerie L’imaginaire de l’Alliance Française a présenté l’exposition Récits d’Amazonie, un travail délicat et coloré sur l’histoire et les coutumes de la région amazonienne du Pérou.

Brus Rubio et son œuvre originale méritent donc d’être mieux connus en France comme ailleurs, ainsi c’est avec joie que l’Association culturelle Lupuna l’invite et le reçoit, ici, à Paris, sur le « Vieux Continent ».

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Brus Rubio – Les fils du chef

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Brus Rubio – Les fils du chef

Les fils du curaca se peignent de façon élégante pour aller à la fête et, ainsi, être reconnus comme des princes, des fils de chef. L’un des frères tient en main une marona, (instrument à percussion), ornée d’une shacapa(des semailles). Un autre frère a allumé une torche pour que le 3ème puisse peindre le corps de son frère avec du jidoro (huito, genipa). Les motifs sont inspirés de ceux du corps du boa et de l’écorce du mani (cacahète). Le fond du tableau est d’ailleurs couvert d’une cape d’écorces de cacahuète.

Brus Rubio – Communication dichotomisée

Le manguaré symbolise la communication ancestrale des Huitoto-Murui, mais, de nos jours, cette communication a dévié au sein des communautés, en perdant les valeurs de leur histoire. La nouvelle génération subit une influence étrangère et une pensée détournée, aliénée et désorientée. C’est pour cela que lemanguaré se disloque au rythme de sa propre évolution.

Brus Rubio – Le symbole de l’arachide

L’arachide représente la fécondité de la terre et du genre féminin. C’est une plante cultivée sacrée et on en sème les graines dans des endroits fertiles, terrains utilisés par ceux qui connaissent la tradition et sont capables d’organiser de grandes cérémonies comme, par exemple, la fête du Lladico (fête du boa). À ce moment-là, les hôtes jettent des arachides là où les femmes vont danser, puis sur tous les participants.

124 x 112 cm

Brus Rubio – Purification de la maison collective

Après avoir terminé la construction d’une maloca, les propriétaires organisent la fête de l’era+, la cérémonie d’inauguration, avant de pouvoir y vivre et y effectuer les travaux domestiques. Pour participer à la fête, les invités partent chasser et, de nuit, apportent leurs proies à la nouvelle maison afin de les purifier en brûlant des feuilles et faire fuir les esprits malins. Les proies obtenues sont échangées contre du casabe (pain de manioc) préparé pour l’occasion par les femmes de la famille.

43 x 38 cm